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Mounet-Sully et Paul Mounet

~ Le site des Frères Mounet

Mounet-Sully et Paul Mounet

Archives de Tag: Mounet-Sully

Sacha Guitry, Mounet-Sully, Edouard De Max et Sarah Bernhardt…

27 dimanche Nov 2011

Posted by mounetsully in Actualité(s)

≈ Commentaires fermés sur Sacha Guitry, Mounet-Sully, Edouard De Max et Sarah Bernhardt…

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Brasseur, Caricature, Coquelin, Dessin, Drouot, Edouard de Max, Enchères, Marguerite Moreno, Mounet-Sully, Réjane, Sacha Guitry, Sarah Bernhardt, Vente

VENTE AUX ENCHERES – RESULTATS

Les jeudi 17 et vendredi 18 novembre derniers s’est déroulée à Drouot la vente de l’exceptionnelle collection « Sacha Guitry » réunie par Monsieur André Bernard.

Parmi les très nombreux lots dispersés durant ces deux jours, plusieurs dessins et « caricatures » de Mounet-Sully étaient proposés mais également d’Edouard De Max (grand ami de Mounet-Sully) et Sarah Bernhardt (grande partenaire de Mounet-Sully durant son sociétariat à la Comédie-Française).

 

Ainsi, le 1er lot « Sacha Guitry, Profils d’acteurs, 1902 » (n° 20 du catalogue) estimé 800 / 1.000 € a obtenu une enchère de 900 € au marteau.

N° 20 – Dessin à la plume, avec dédicace autographe signée. 11,5 x 16 cm. Quatre profils d’acteurs : Albert Brasseur, Mounet-Sully, Lucien Guitry et De Max avec dédicace : « A Monsieur Berny son tout dévoué Sacha Guitry – 3 janvier 1902 »

 

Le 2ème lot « Sacha Guitry, Mounet-Sully » (N° 60 du catalogue) estimé 800 / 900 € s’est vu adjugé à 900 €.

N° 60 – Dessin original à la mine de plomb. 27 x 21 cm. Profil de l’acteur Mounet-Sully. Etaient joints : un dessin à l’encre violette de Mounet-Sully dans le rôle d’Oedipe et un feuillet de quatre études de têtes à l’encre violette et une ébauche de poème autographe au verso : « J’aurais pu terminer ma vie… ».

 

Enfin, le 3ème et dernier lot « Menus du mariage de Charlotte Lysès et Sacha Guitry, Honfleur août 1907 » (lot n° 92 du catalogue) estimé 1.200 / 1.500 € et représentant, entre autres, Mounet-Sully et Sarah Bernhardt a obtenu la belle enchère de 1400 € !

N° 92 – 2 Menus avec dessins originaux à la plume. 20 x 15 cm chaque. Ci-dessus : Menu d’Alfred Athis pour lequel Sacha Guitry a croqué sept têtes d’acteurs : Réjane, Marguerite Moreno, Mounet-Sully, Marthe Mellot, Sarah Bernhardt, Albert Brasseur et Jean Coquelin.

 

A noter que le très beau portrait « Sacha Guitry, Edouard De Max » (n° 121 du catalogue) estimé 2.000 / 2.500 € est parti à 1700 €.

N° 121 – Dessin original à l’encre de Chine et aquarelle, légendé en bas au centre « De Max ». 38 x 28 cm.

Frédérick Sully

 

 

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La Comédie-Française s’expose au Petit Palais

03 samedi Sep 2011

Posted by mounetsully in Actualité(s)

≈ Commentaires fermés sur La Comédie-Française s’expose au Petit Palais

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Comédie-Française, Exposition, Molière, Mounet-Sully, Nicolas Mignard, Oedipe roi, Paul Mounet, Petit Palais

PROCHAINEMANT…

EXPOSITION

LA COMEDIE-FRANÇAISE S’EXPOSE AU PETIT PALAIS du 13 octobre 2011 au 15 janvier 2012

COMEDIE-FRANÇAISE - Les Sociétaires en 1894 par Louis Beroud

COMEDIE-FRANÇAISE – Les Sociétaires en 1894 par Louis Béroud (Mounet-Sully est représenté en costume d’Oedipe sur le volet de gauche – Paul Mounet en costume de Conrad le loup est le dernier personnage du volet de droite).

« Il faut peindre les mœurs sans vouloir toucher aux personnes » Molière

Ce n’est pas un hasard si « La Comédie-Française s’expose » au Petit Palais : chacun connaît la scène, mais il y a aussi tout un patrimoine artistique, presque totalement inédit, qui témoigne de l’histoire d’une famille, celle de la troupe de Molière du XVIIe siècle à nos jours : les portraits et les bustes, qui dévoilent les comédiens dans leurs emplois ou qui rappellent les grands auteurs, les séances du Comité de lecture, le travail de la scène, les accessoires les plus prestigieux…

Grâce à sa bibliothèque-musée, deux-cents œuvres (peintures, sculptures, documents d’archives, objets personnels, accessoires et maquettes) sont présentées, afin de découvrir les coulisses du théâtre et pénétrer cet univers mystérieux.

Le musée s’associe à cette institution de trois siècles, pour proposer une exposition sur la Maison, sa troupe, ses auteurs, particulièrement Molière. Figure majeure du répertoire de théâtre classique français, il est chez lui à la Comédie Française. Fondée par Louis XIV, la Maison défend les textes des siècles passés, mais aussi l’avant-garde artistique actuelle.

COMEDIE-FRANÇAISE - Molière par Nicolas Mignard

COMEDIE-FRANÇAISE – Molière par Nicolas Mignard

Le Petit Palais invite Molière, qui sera le fil conducteur de la visite…un passage derrière le rideau, derrière le décor…une révélation !

Dossier de presse : Cliquer ici

Informations pratiques et Horaires : www.petitpalais.paris.fr

 

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A propos du « Retour d’Ulysse » par le Film d’Art…

11 jeudi Août 2011

Posted by mounetsully in L'image, L'image & le son

≈ Commentaires fermés sur A propos du « Retour d’Ulysse » par le Film d’Art…

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Albert Lambert, André Calmettes, Cinématographe, Film d'Art, Jules Lemaître, Julia Bartet, l'Odyssée, Le Bargy, Le Retour d'Ulysse, Mounet-Sully, Pantomime, Pathé, Paul Mounet, Pénélope, Ulysse

[…] Il nous faut revenir vers le calme de la rue Chauveau, à Neuilly, où M. Le Bargy, avec la collaboration de M.Calmettes, qui a tout préparé d’avance et dirigé les premières répétitions, achève de régler Le Retour d’Ulysse, de M. Jules Lemaître.

LE RETOUR D'ULYSSE - Paul Mounet - Le Film d'Art 1908

Le temps est délicieux pour cette promenade. Par les avenues ensoleillées que nous suivons, c’est à peine si quelques feuilles d’or jonchent le sol. Dans la haute salle de verre et d’acier, une délicate lumière, alanguie, très douce, tamisée, quand il faut, par des velums, éclaire les plus piquants tableaux.

Au fond, un décor planté, la salle du trône du palais d’Ulysse, ouverte sur une terrasse fleurie de lauriers-roses, et, appuyé là contre, à gauche, un bois d’oliviers dont les feuillages menus voilent à demi l’azur clair de la mer Ionienne, un autre décor placé en paravent, j’imagine, pour protéger les opérateurs campés au premier plan avec leur appareil de prise de vues. Car, sous ce hall énorme, les vents coulis folâtrent à leur aise, et malgré le rayonnement de deux gros poêles chauffés au rouge, il fait frais, plutôt.

Les machinistes vérifient la solidité de leurs fragiles constructions ; les garçons d’accessoires disposent les derniers sièges, les fourrures fauves sur le trône royal. M. Calmettes, metteur en scène attentif, veille à ces préparatifs suprêmes. Des Grecs à demi nus, jambes à l’air, un paletot jeté sur leurs courtes tuniques sans manches, des Grecques aux blancs péplos, un peu transies loin du soleil d’Ithaque, vont viennent en attendant les protagonistes, et peu à peu, finissent par se réunir, en deux groupes qui frissonnent, autour des poêles.

M. Albert Lambert, bientôt, descend les rejoindre, mieux couvert, cependant, et protégé par sa chlamyde de laine ; et, devant ce mélange de vestons, de cottes bleues, de draperies savantes, d’oripeaux de théâtre, on dirait de quelque halte du chariot de Thespis dans une auberge des grand’routes. C’est pittoresque au possible.

On fume un moment, malgré la défense, car l’atmosphère enfumée est peu propice à l’enregistrement des bonnes bandes. Mais M. Le Bargy arrive, et, sévère gardien de la discipline, jaloux de fournir du beau travail, prie même ses camarades de cesser. Il n’y aura que Paul Mounet, Ulysse superbe et indomptable, qui, ses mâles bras nus, de belles cnémides d’airain aux jambes, se hasardera, plus tard, à enfreindre discrètement cette consigne inflexible.

Et voici, enfin, Mme Bartet, plus souple, plus harmonieuse, plus divine que jamais sous des étoffes blondes brodées de crocos. Nous n’entendrons pas aujourd’hui sa voix aux mélodieuses inflexions, puisqu’elle s’est résignée à jouer la pantomime seulement ; mais la voir agir, se mouvoir, marcher dans ses onduleux voiles, gagner, à son tour, le poêle bien chaud, n’est-ce pas, déjà, un charme suffisant ?

LE FILM D'ART - Le Retour d'Ulysse avec Julia Bartet - PATHE 1908

L’ILLUSTRATION – 31 Octobre 1908 – Le Film d’Art – « Le Retour d’Ulysse » – Pénélope frileuse : Mme Bartet prend un « air de feu ».

On attendait plus qu’elle, et l’on commence.

On attaque le troisième tableau, celui où le grand prêtre (M. Delaunay) va présenter à la reine des prétendants, et à leur tête Antinoüs (M. Albert Lambert). Et vous voyez ici Le Retour d’Ulysse, c’est une de ces pages comme M. Jules Lemaître en a écrit plusieurs déjà, plus savoureuses, plus délicates les unes que les autres, En marge des vieux livres ; une page « en marge » de l’Odyssée, avec les quelques licences obligatoires, ou du moins permises : ainsi,  le rajeunissement de Télémaque, qui n’est plus, afin de ménager une émotion aux mères, qu’un enfant de douze à quinze ans.

LE FILM D'ART - Le Retour d'Ulysse avec Paul Mounet - PATHE 1908

L’ILLUSTRATION – 31 Octobre 1908 – Le Film d’Art : « L’ACADÉMIE » et la « COMÉDIE » travaillant pour le Cinématographe – « Le Retour d’Ulysse » – Scénario de M. Jules Lemaître, mis en scène par M. Le Bargy et mimé par Mme Bartet (Pénélope), M. Delaunay (le grand prêtre), M. Albert Lambert (Antinoüs) et M. Paul Mounet (Ulysse).

La scène s’anime, sous l’impulsion énergique de de M. Le Bargy. Quatre fois, cinq fois, six, peut-être, on l’a recommencée. Elle va, enfin, et les cinématographes de la maison Pathé (qui éditera les productions du Film d’Art) sont autorisés à « tourner ». Et ils ne tournent pas longtemps, à chaque séance, tant est exigeant, sévère, méticuleux, le directeur de la scène. Quelques mètres de bande, tout au plus, c’est le rendement de la matinée, d’une journée souvent.

La scène est vide. On va recommencer, pour la prise de vue cette fois.

LE FILM D'ART - Le Retour d'Ulysse avec Paul Mounet et Julia Bartet - PATHE 1908

L’ILLUSTRATION – 31 Octobre 1908 – Le Film d’Art – Une répétition du  » Retour d’Ulysse » – MM. Le Bargy et Calmettes règlent le geste de Pénélope repoussant les prétendants.

– Entrez, les prétendants ! commande M. Le Bargy. Et les guerriers insolents, la tête ceinte du bandeau, chlamydes au vent, franchissent le seuil.

– Entrez, Bartet !… A genoux, les prétendants !… Relevez-vous !… A genoux, Delaunay… le geste de supplication ! Non ! non ! Bartet ! et Mme Bartet fait ce geste de dénégation, repousse les soupirants assez audacieux pour briguer la couche du fils de Laerte, se jette sur son enfant, seul roi d’Ithaque !… Et là vous verrez avec quelle tendresse, de quel élan passionné, et retenu, pourtant, avec un art suprême, l’idéale Pénélope embrasse, à ce moment, le rejeton chéri du subtil Odysseus !

C’est fini. Les petits moulins de l’appareil enregistreur se sont arrêtés. On va passer à une autre scène.

Pénélope, Ulysse, Antinoüs, les guerriers, les suivantes, les gardes, les esclaves, de nouveau, se pressent autour des gros calorifères, cependant que les machinistes plantent le décor de la cour où, l’un après l’autre, les prétendants essayeront l’arc en leurs faibles mains inflexible.

LE FILM D'ART - Paul Mounet dans le studio de la rue Chauveau à Neuilly 1908

L’ILLUSTRATION – 31 Octobre 1908 – Dans les coulisses du tournage du  » Retour d’Ulysse » – Ulysse (M. Paul Mounet), Antinoüs (M. Albert Lambert), un grand prêtre (M. Delaunay) et autres personnages d’un scénario de M. Jules Lemaître.

En somme, il n’échappera pas au lecteur que nous voilà assez loin des spectacles que lui présente régulièrement le cinématographe, et dont nous lui avons naguère révélé les dessous. Pourtant, dans certains cas, les trucs propres à l’appareil permettront des effets dramatiques nouveaux. Mais ce qu’on a cherché surtout, c’est à réaliser artistement, et à fixer des pantomimes simples, expressives, interprétées par de grands acteurs ; c’est parer de la plus captivante façon, en l’entourant de toutes les séductions que peut y ajouter une mise en scène irréprochable, magnifique, pour la diffuser ensuite jusque dans les faubourgs, jusque dans les hameaux, la pensée d’auteurs qui n’avaient pu recueillir jusqu’ici les bravos d’une élite. C’est une tentative à la fois belle et saine.

G.B. – « Le théâtre cinématographique » L’ILLUSTRATION n° 3427 –           31 octobre 1908

Lire aussi : (« Le théâtre cinématographique à Neuilly »)

 
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Sarah Bernhardt

08 lundi Août 2011

Posted by mounetsully in Madame Sarah Bernhardt, Sarah Bernhardt

≈ Commentaires fermés sur Sarah Bernhardt

Étiquettes

Amérique, Andromaque, Britannicus, Comédie-Française, Doña Sol, Edmond Rostand, Emile Augier, François Coppée, Hamlet, Hernani, Junie, L'Odéon, Londres, Lorenzaccio, Mademoiselle Nathalie, Maison de Molière, Mounet-Sully, Provost, Régnier, Reine, Ruy Blas, Samson, Sarah Bernhardt, Shakespeare, Théâtre de la Ville, Victor Hugo, Victorien Sardou, Zanetto

Sarah, Henriette, Rosine Bernard, dite Mademoiselle Sarah (1844-1923)

Sarah BERNHARDT - Portrait par Marie BESSON (1886)

Sarah BERNHARDT – Portrait par Marie BESSON (1886)

Entrée à la Comédie-Française en 1862 ; Sociétaire en 1875 ; Départ en 1880.

C’est hors Comédie-Française que Sarah Bernhardt fit l’essentiel de sa carrière. Engagée en 1862 à sa sortie du Conservatoire, où elle a reçu les cours de Provost, Samson, et Régnier, elle quitte presque aussitôt la Comédie-Française, après un différend avec Mademoiselle Nathalie. A l’Odéon, elle fait ses classes et conquiert la célébrité avec son interprétation du rôle travesti de Zanetto, dans le Passant, de François Coppée (1869), puis avec celle de la Reine de Ruy Blas, de Victor Hugo (1872). Elle revient alors en triomphatrice à la Comédie-Française, y joue les plus grands rôles du répertoire (Junie dans Britannicus, Andromaque, Zaïre, Phèdre, Doña Sol dans Hernani…) et les rôles modernes écrits par Henri de Bornier (la Fille de Roland), Emile Augier (Gabrielle), Alexandre Dumas fils (l’Etrangère), Alexandre Parodi (Rome vaincue)… Elle reprend le rôle de la Reine lorsque Ruy Blas entre au répertoire de la Comédie-Française en 1879. Mais la création de l’Aventurière, d’Emile Augier, et les critiques défavorables qui s’ensuivent, consacrent sa rupture, déjà entamée, avec la Comédie-Française.

Elle quitte définitivement la Maison de Molière et poursuit à Londres, en Amérique et à Paris la carrière triomphale que l’on sait. Ses excentricités, ses dons multiples (elle sculpte et elle écrit) en font, avant la lettre, une « star » de réputation internationale. Elle dirige successivement le Théâtre de la Renaissance et celui qui qui portera son nom (aujourd’hui Théâtre de la Ville) et y crée, outre Lorenzaccio (Musset) ou Hamlet (Shakespeare), tout un répertoire écrit pour elle par les auteurs dramatiques contemporains (Victorien Sardou, Armand Silvestre, Edmond Rostand…).

Source : Comédie-Française « Comédie-Française » Revue mensuelle

 
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Sarah ? Vous avez dit Sarah ?

01 lundi Août 2011

Posted by mounetsully in Sarah & Jean...

≈ Commentaires fermés sur Sarah ? Vous avez dit Sarah ?

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Amphitryon, Doña Sol, Dussane, Hernani, Mounet, Mounet-Sully, Phèdre, Rachel, Ruy Blas, Sarah, Sarah Bernhardt, Talma, Victor Hugo

Sarah Bernhardt

Madame Sarah Bernhardt…

 
« Je vous aime, Jean.
Ah ! ne cherchez pas pourquoi, trop ne le sais. »   Sarah (1874)

 

Sarah Bernhardt et Mounet-Sully…

Enfin, rencontre miraculeuse d’un artiste qui l’égale et même peut-être qui la dépasse : lyrique comme elle, poétique comme elle, enivré de chant comme elle…

Avez-vous jamais songé que les grands tragédiens – ou les grandes tragédiennes – ont presque toujours joué seuls ? Talma a passé sa vie entre la beauté sans âme de Melle George et la laideur larmoyante de Melle Duchesnois. Rachel, selon le mot de Gautier, « emportait la tragédie avec elle quand elle rentrait dans les coulisses », laissant en scène le chétif Ligier et le brutal stentor Beauvallet. Mais Sarah, elle, pendant ces quelques années 1874 à 1880, eut pour partenaire Mounet-Sully. Ces deux génies de même puissance, de même nature, au même point de leur luxuriant printemps (Mounet avait quatre ans de plus que Sarah) s’enivrèrent ensemble de Racine et d’Hugo – et s’enivrèrent aussi l’un de l’autre. Tumultueuse conjonction de deux météores, liaison orageuse ou Mounet, dans une crise de jalousie, défonça un jour d’un seul coup de pied l’avant du fiacre où il se battait avec Sarah, mais aussi, en scène, aux heures inspirées, vertigineux essor de deux imaginations téméraires, sûres d’être suivies et servies, si haut qu’elles s’élancent, par des voix divines et des nerfs d’acier.

Ils jouèrent ainsi Amphitryon, Ruy Blas, Mithridate, Phèdre, et arrivèrent au plus haut degré de leur double flamboiement avec la fameuse reprise d’Hernani en 1877. Nous avons des photos de Sarah dans Doña Sol à cette époque : un corps libre de cuirasse et de jupons dans le fourreau de la robe Renaissance, un visage aigu et attirant que la coiffure dégagée sur les tempes met en pleine lumière, des yeux étincelants sous la mantille blanche. Et vous vous rappelez aussi le Hernani du jeu de Mounet : son corps athlétique dans le pourpoint de buffle, ses jambes bondissantes, son encolure et sa crinière de lion, son masque sonore de tragédie antique… Qui pourra dire ce que dut être le miracle de leurs voix, de leurs dictions se répondant l’une à l’autre, s’exaltant l’une l’autre ! On songe à Hernani disant à Doña Sol :

« Ta parole est un chant où rien d’humain ne reste. »

Leur parole atteignit ce chant-là – et le vieil Hugo, en voyant ressusciter l’hymne triomphal de son lointain printemps par ces deux rossignols enivrés, en l’entendant, pour la première fois, après cinquante années, et grâce à eux, éployer sa musique, le vieil Hugo pleura.

Béatrix Dussane – « Reines de théâtre » Editions H.Lardanchet – 1944

 

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Les disques et microsillons…

16 samedi Juil 2011

Posted by mounetsully in Discographies

≈ Commentaires fermés sur Les disques et microsillons…

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Albert Lambert, Alfred de Musset, Andromaque, Berthe Bovy, Columbia, Coquelin, Corneille, Cyrano, Decca, Edmond Rostand, Georges Le Roy, Henri de Bornier, Jean Cocteau, Jeanne Rémy, Jeanne Sully, Jules Lemaître, Julia Bartet, L'Aiglon, La fille de Roland, La Voix de l'Auteur, Le bonheur est dans le pré, Le Cid, Mounet-Sully, Oedipe roi, Pathé, Paul Fort, Paul Mounet, Phèdre, Racine, Sarah Bernhardt, Silvain, Sophocle, Victor Hugo

DISCOGRAPHIE(S) : MOUNET-SULLY

« ŒDIPE ROI » (Lacroix / Sophocle)
 
Extrait : « O vous qui suppliez… »
 
Déclamation (voix parlée) : Mounet-Sully (Œdipe)
 
PATHE (saphir) N° 4306 – Vitesse 80 tours – 29 cm
 
 
Disque PATHE - Oedipe-Roi - Mounet-Sully

Disque PATHE – Oedipe-Roi de Sophocle (trad. de Jules Lemaître) par Mounet-Sully

« LA BALLADE DES DEUX EPEES » de La fille de Roland (Henri de Bornier)
 
Extrait : « La France, dans ce siècle, eut deux grandes épées, … »
 
Déclamation (voix parlée) : Mounet-Sully
 
PATHE (saphir) N° 4306 – Vitesse 80 tours – 29 cm
 
 
 
 
 
 
« SOUVENIRS SUR LA COMEDIE-FRANÇAISE » (Georges Le Roy, ex-sociétaire)
 
MOUNET-SULLY - Souvenirs sur la Comédie-Française Disque DECCA

Disque DECCA – Souvenirs sur la Comédie-Française (Mounet-Sully / Sarah Bernhardt) par Georges Le Roy

 
LES GRANDS TRAGEDIENS
 
N° 1 (2 faces) : Mounet-Sully / Sarah Bernhardt
 
DECCA (Long Playing) FMT 163649 – Vitesse 33 tours – 30 cm (1956)
 
 
 
 
 
 
« LES MARIES DE LA TOUR EIFFEL / PORTRAITS-SOUVENIRS » (Jean Cocteau)
 
Disque LVA - Portraits-Souvenirs (Mounet-Sully) par Jean Cocteau

Disque LVA – Portraits-Souvenirs (Mounet-Sully) par Jean Cocteau

PORTRAITS-SOUVENIRS
 
N° II (2 faces) : Jean Cocteau lit le portrait de Mounet-Sully (texte lu par Melle Berthe Bovy, pour la célébration à la Comédie-Française, du centenaire de la naissance de Mounet-Sully le 6 mars 1941)
 
LA VOIX DE L’AUTEUR (B.Grasset – Plon) LVA 13 B – Vitesse 33 tours – 30 cm (1962)
 
 
 
 
 
 
« LES GEANTS DU THEATRE FRANÇAIS » (repiquage d’enregistrements de 1898 à 1932)
 
LES GEANTS DU THEATRE FRANÇAIS - Sarah Bernhardt, Mounet-Sully, Jeanne Sully 33 tours
 
Sélection :
 
          Sarah Bernhardt (Phèdre de Racine)
 
          Mounet-Sully (Oedipe-Roi de Sophocle)
 
          Constant Coquelin (Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostant)
 
          Silvain (Le Chêne et le Roseau de La Fontaine)
 
          Julia Bartet et Jeanne Sully (Andromaque de Racine)
 
          Albert Lambert (Lucie d’Alfred de Musset)
 
 
SELECTION DU READER’S DIGEST N° 63881 – Vitesse 33 tours – 17 cm 
 
 
 
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DISCOGRAPHIE(S) : PAUL MOUNET / JEANNE REMY
 
 
« LE CID » (Pierre Corneille) « Tragédie complète en 17 disques »
 
PATHE (saphir) N° 1677 à 1693 – Vitesse 80 tours – 1913*
 
*date d’enregistrement (Paul Mounet : Janvier 1913)
 
 
Distribution :
 
          MM. Paul Mounet (Don Diègue)
 
          Falconnier (Don Arias)
 
          Ravet (Don Gomès)
 
          Alexandre (Don Rodrigue)
 
          Guilhène (Don Alonse)
 
          Jean Worms (Don Sanche)
 
          Gerbault (Don Fernand)
 
          Mmes Roch (Chimène)
 
          Lherbay (Léonor)
 
          Yvonne Ducos (Elvire)
 
          Jeanne Rémy (L’Infante : Doña Urraque)
 
          M.Jacques (un page de l’Infante)
 
 
MOUNET Paul - Le Cid Disque PATHE

Disque PATHE – Le Cid de Pierre Corneille par Paul Mounet, Madeleine Roch, Jeanne Rémy…

Disque 1 (Face A) : « Acte I – Chimène : Elvire, m’as-tu fait un rapport… »
 
Disque 1 (Face B) : « L’Infante : Page, allez avertir Chimène de ma part… »
 
Disque 2 (Face A) : « L’Infante : Il m’en souvient si bien que j’épendrai mon sang… »
 
Disque 2 (Face B) : « L’Infante : Juste ciel, d’où j’attends mon remède… »
 
Disque 3 (Face A) : « Le Comte : Les exemples vivants sont d’un autre pouvoir… »
 
Disque 3 (Face B) : « Don Diègue : Rodrigue, as-tu du coeur ? »
 
Disque 4 (Face A) : « Don Rodrigue : Percé jusques au fond du coeur. »
 
Disque 4 (Face B) : « Le Comte : Je l’avoue entre nous, mon sang un peu trop chaud. »
 
Disque 5 (Face A) : « Acte II – Don Rodrigue : A moi, Comte, deux mots. »
 
Disque 5 (Face B) : « L’Infante : Tu n’as dans leur querelle aucun sujet de crainte. »
 
Disque 6 (Face A) : « Léonor : Cette haute vertu qui règne dans votre âme… »
 
Disque 6 (Face B) : « Don Sanche : Peut-être un peu de temps le rendrait un peu moins… »
 
Disque 7 (Face A) : « Don Alonse : Sire, le Comte est mort. »
 
Disque 7 (Face B) : « Don Fernand : Don Diègue, répondez. »
 
Disque 8 (Face A) : « Acte III – Elvire : Rodrigue, qu’as-tu fait ? »
 
Disque 8 (Face B) : « Elvire : Reposez-vous, Madame. »
 
Disque 9 (Face A) : « Don Rodrigue : Eh bien ! Sans vous donner la peine… »
 
Disque 9 (Face B) : « Chimène : Ah ! Rodrigue, il est vrai, quoique ton ennemie… »
 
Disque 10 (Face A) : « Chimène : Va ! Je ne te hais point. »
 
Disque 10 (Face B) : « Don Diègue : Rodrigue, enfin le ciel permet que je te voie ! »
 
Disque 11 (Face A) : « Acte IV – Chimène : N’est-ce pas un faux bruit ? »
 
Disque 11 (Face B) : « L’Infante : Ma chimène, il est vrai que… »
 
Disque 12 (Face A) : « Don Fernand : Généreux héritier d’une illustre famille… »
 
Disque 12 (Face B) : « Don Rodrigue : Sous moi donc cette troupe s’avance… »
 
Disque 13 (Face A) : « Don Rodrigue : Mais enfin sa clarté montre notre avantage… »
 
Disque 13 (Face B) : « Chimène : Qu’il meure pour mon père et non pour la patrie. »
 
Disque 14 (Face A) : « Acte V – Don Diègue : Quoi Sire, pour lui seul… »
 
Disque 14 (Face B) : « Chimène : Quoi, Rodrigue, en plein jour ! »
 
Disque 15 (Face A) : « Don Rodrigue : Après la mort du Comte, et les Mores défaits… »
 
Disque 15 (Face B) : « L’Infante : T’écouterai-je encor, respect de ma naissance… »
 
Disque 16 (Face A) : « L’Infante : Je le remarque assez et toutefois mon coeur… »
 
Disque 16 (Face B) : « Elvire : Gardez, pour vous punir de cet orgueil étrange… »
 
Disque 17 (Face A) : « Don Diègue : Enfin, elle m’aime, Sire et ne crois plus… »
 
Disque 17 (Face B) : « Don Rodrigue : Mais si ce fier honneur, toujours inéxorable… »
 

DISQUES PATHE N° 1677 à 1693 – Vitesse 80 tours – 1912

 
 
 
 
« SOUVENIRS SUR LA COMEDIE-FRANÇAISE » (Georges Le Roy, ex-sociétaire)
 
MOUNET-SULLY - Souvenirs sur la Comédie-Française Disque DECCA (face 2)

Disque DECCA – Souvenirs sur la Comédie-Française (Silvain / Paul Mounet) par Georges Le Roy

LES GRANDS TRAGEDIENS
 
N° 2 (2 faces) : Silvain / Paul Mounet
 
DECCA (Long Playing) FMT 163649 – Vitesse 33 tours – 30 cm (1956)

 

 
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DISCOGRAPHIE(S) : JEANNE SULLY

« LA RONDE AUTOUR DU MONDE » (Paul Fort)
 
par Melle Jeanne Sully de la Comédie-Française
 
COLUMBIA D190026 (L 770-1) – Vitesse 78 tours
 
 
 
 
« L’ECUREUIL » (Paul Fort)
 
par Melle Jeanne Sully de la Comédie-Française
 
COLUMBIA D190026 (L 770-1) – Vitesse 78 tours
 
 
 
 
« LE BONHEUR » (Paul Fort)
 
par Melle Jeanne Sully de la Comédie-Française
 
COLUMBIA D190026 (L 770-1) – Vitesse 78 tours
 
 
 
 
« PHILOMELE » (Paul Fort)
 
par Melle Jeanne Sully de la Comédie-Française
 
COLUMBIA D190026 (L 771-1) – Vitesse 78 tours
 
 
 
 
« BON CONSEIL AUX AMANTS » (V. Hugo)
 
par Melle Jeanne Sully de la Comédie-Française
 
COLUMBIA D19028 (L 772) – Vitesse 78 tours
 
 
 
 
« A NINON – Poésie » (A. de Musset)
 
par Melle Jeanne Sully de la Comédie-Française
 
COLUMBIA D19028 (L 769) – Vitesse 78 tours
 
 
 
 
« L’AIGLON – 5e ACTE : Régner !… » (Ed. Rostand)
 
par Melle Jeanne Sully de la Comédie-Française
 
COLUMBIA D190027 (L 773-1) – Vitesse 78 tours
 
 
Disque COLUMBIA - L’Aiglon d’Edmond Rostand par Jeanne Sully

Disque COLUMBIA – L’Aiglon d’Edmond Rostand par Jeanne Sully

 
 « L’AIGLON – 2e ACTE : Ah ! France ! S’il se meurt » (Ed. Rostand)
 
par Melle Jeanne Sully de la Comédie-Française
 
COLUMBIA D190027 (L 774-1) – Vitesse 78 tours
 
 
 
 

« A QUOI REVENT LES JEUNES FILLES – Acte 1 – Scènes 1 ET 3 » (A. de Musset)

 
Ninon : Melle Madeleine Renaud, Sociétaire de la Comédie-Française
 
Ninette : Melle Jeanne Sully, Pensionnaire
 

FACE A + FACE B

« FANTASIO – Acte 1 – Scène 3 : Eh bien, colonel ? » (A. de Musset)
 
Le Prince de Mantoue : Mr Pierre Bertin, Sociétaire de la Comédie-Française
 
Marinoni : Mr Dorival, Pensionnaire
 
DISQUE GRAMOPHONE DB-4884 (52-1157 et 1158) – Vitesse 78 tours
 
 
 
 
« ANDROMAQUE – Acte 3 – Scène 8 : Hélas de quel effet tes discours sont suivis, extrait » (Racine)
 
par Madame Julia Bartet (Andromaque), Melle Jeanne Sully (Cephise)
 
EMI 7675402 (enregistrement de 1932)
 
 

Disponible en CD « LE THEATRE PARISIEN de Sarah Bernhardt à Sacha Guitry » EMI Classics France – 1993

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Mounet-Sully et le cinéma

12 mardi Juil 2011

Posted by mounetsully in L'image, L'image & le son

≈ Commentaires fermés sur Mounet-Sully et le cinéma

Étiquettes

Actualités cinématographiques, Affiche Pathé Frères, Béatrix Dussane, Georges Berr, Le Film d'art, Marie Leconte, Mounet-Sully, Muet, Oedipe roi, Paul Mounet, Pièce cinématographique, Précieuses Ridicules, Sarah Bernhardt

Tout comme pour les premiers enregistrements sonores, la grande Sociétaire Béatrix Dussane, auteur de nombreux ouvrages et conférences sur le théâtre et sur les acteurs, nous rappelle ici ce que furent les premières véritables « œuvres » cinématographiques auxquelles, du reste, elle participa. Ce témoignage sans concessions, nous donne, une fois de plus, par des mots simples, un éclairage on ne peut plus juste de cette entreprise débutante à laquelle participèrent bon nombre d’acteurs de théâtre aux noms prestigieux et plus particulièrement Mounet-Sully et son frère Paul Mounet.

Puissent ces quelques lignes bannir à jamais des termes comme « ridicule » ou « grotesque » des commentaires de ceux qui font le choix de visionner ces films, « scènes cinématographiques » et images d’actualités et de remplacer leurs sourires amusés par une expression plus encline à la réflexion et la curiosité ? Puissions-nous enfin comprendre une bonne fois pour toutes, que ces images, à l’instar des premiers enregistrements sonores, ne nous révèlent absolument rien du talent ni du jeu de ceux qui se sont prêtés, c’est le cas de le dire, « au jeu ». Pour ceux qui savent ce qu’est vraiment le théâtre, ceci n’est pas du théâtre et pour ceux qui savent ce qu’est le cinéma, ceci n’en est pas encore.

Frédérick Sully

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FILMS D’ART PATHE FRERES – Mounet-Sully, Paul Mounet… Affiche par Candido Aragonèse de Faria – 1911

Mounet-Sully et le cinéma

Son aventure dans le cinéma débutant est également désastreuse. C’est en 1908 que Le Bargy met sur pied la société du Film d’Art, avec le projet précis de faire passer sur l’écran les plus illustres acteurs du temps.

C’est du muet, ne l’oublions pas ! La scène de théâtre jouée sans paroles (et aussi sans métier cinématographique : où l’auraient-ils appris ?) sera accompagnée sur l’écran des fragments de texte appropriés. Vous connaissez, par les vieilles « actualités » la cadence d’images de cette époque. Les acteurs sentent bien qu’il faudrait ralentir leurs mouvements, diminuer l’amplitude de leurs gestes, estomper leurs jeux de physionomie. Mais il faudrait alors un scénario de cinéma, et non le déroulement d’un texte classique. Maquillage, éclairage, science du metteur en scène, tout est encore dans l’enfance. Et quelle naïveté chez tous ! Au même Film d’Art, on entreprend, avec Georges Berr et Marie Leconte (et moi-même, débutante éperdue) de tourner, en muet, les Précieuses Ridicules ! La chose d’ailleurs, ne sera jamais achevée…

C’est dans ces conditions que l’on mobilise Mounet-Sully avec la plus terrible scène d’Œdipe-Roi : hurlements de douleur (muets), visage ruisselant de sang, tâtonnement d’aveugle égaré, lamentations et imprécations (muettes…). Là il ne nous reste de lui qu’une vision de cauchemar…

Il faut vous résigner à le rêver à travers ce que nous pourrons vous en dire : la mécanique rudimentaire a échoué, notre ferveur et notre imagination gardent des chances meilleures.

Béatrix Dussane – « Dieux des planches » Edition Flammarion 1900 vécu – 1964

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Liste des ouvrages, publications, conférences…

11 lundi Juil 2011

Posted by mounetsully in Bibliographies

≈ Commentaires fermés sur Liste des ouvrages, publications, conférences…

Étiquettes

Anne Penesco, Bernard Clergeot, Boutique de la Comédie-Française, Cappiello, Centre Védantique, CNCS, Cocteau, Editions du Cerf, Editions Sillages, Editions Télémaque, Edouard de Max, Ernest Hébert, François Bernouard, Frédérick Lemaître, Gérard Watelet, Hélène Tierchant, Jeanne Sully, L'art du costume à la Comédie-Française, La grande histoire de la Comédie-Française, Le Festin, Les Annales, Mounet-Sully, Musée de la Tronche, Paul Mounet, Presses Universitaires de Lyon, Sainte Mère, Védanta

Page mise à jours régulièrement…

« HAMLET » The Mounet-Sully Edition – Editions F.Rullman, New York 1894

"HAMLET" The Mounet-Sully Edition - Ed. F.Rullman 1894

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« LA VIEILLESSE DE DON JUAN » par Mounet-Sully et Pierre Barbier – Editions Fasquelle, Paris 1906 

− = ≡ • ≡ = −

« PAUL MOUNET » dans L’ALBUM COMIQUE par Gabriel Boissy – Paris Septembre 1908

L'ALBUM COMIQUE (n° 7 - 1908) - Paul MOUNET

− = ≡ • ≡ = −

« LES HOMMES DU JOUR : MOUNET-SULLY » par Gabriel Reuillard – Les Hommes du Jour, n° 207 du 6 janvier 1911

"MOUNET-SULLY" - Les Hommes du Jour - n° 207 du 6 JAN 1911

− = ≡ • ≡ = −

« SOUVENIRS D’UN TRAGEDIEN » par Mounet-Sully – Editions Pierre Lafitte, Paris 1911

"SOUVENIRS D'UN TRAGEDIEN" par Mounet-Sully - Ed. Pierre Lafitte 1911

− = ≡ • ≡ = −

« LES GRANDS RÔLES DE MOUNET-SULLY » dans LECTURES POUR TOUS – Hachette et Cie, Paris 1er avril 1916

MOUNET-SULLY - Les grand rôles de Mounet-Sully - LECTURES POUR TOUS - 1916

− = ≡ • ≡ = −

« RELEVE DE REPRESENTATIONS DE MOUNET-SULLY A LA COMEDIE-FRANÇAISE » par A.Joannidès – Librairie Plon, Paris 1917

MOUNET-SULLY - Relevé de représentations Joannidès

− = ≡ • ≡ = −

« MOUNET-SULLY INTIME » dans LA REVUE DES DEUX MONDES par André De Lorde – Paris 1936

− = ≡ • ≡ = −

« PORTRAIT DE MOUNET-SULLY » Prose inédite par Jean Cocteau – François Bernouard, Paris 1945

− = ≡ • ≡ = −

« UN GRAND ACTEUR ROMANTIQUE : FREDERICK LEMAITRE » par Jeanne Sully – L’Amateur (Revue Belge d’art dramatique) n° 54 Novembre-Décembre 1956

− = ≡ • ≡ = −"SOUVENIRS D'OEDIPE ROI" par Robert Coq - Bergerac 1962

« SOUVENIRS D’OEDIPE ROI » par Robert Coq – Bergerac, 1962

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"Mounet-Sully" par Jeanne Sully - Les Annales - n° 139 mai 1962

« MOUNET-SULLY » par Jeanne Sully – Les Annales (Revue mensuelle des lettres françaises) n° 139 Mai 1962

− = ≡ • ≡ = −

« LA VOCATION DE L’ACTEUR » par Jeanne Sully – Cahiers de Villemétrie n° 45 Septembre-Octobre 1964

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"Edouard De Max" par Jeanne Sully - Les Annales - n° 171 janvier 1965

« UN PRINCE DE TRAGEDIE : EDOUARD DE MAX » par Jeanne Sully – Les Annales (Revue mensuelle des lettres françaises) n° 171 Janvier 1965

− = ≡ • ≡ = −

« SAINTE MERE » par Jeanne Sully – Vedanta n° 6 Avril 1967 (réédité en 2004 – n° Spécial 153 et disponible sur le site : www.centre-vedantique.fr ou en cliquant directement sur la vignette bleue ci-dessous)

   

− = ≡ • ≡ = −

« PORTRAITS SOUVENIR » par Jean Cocteau – Grasset, Coll. « Les Cahiers Rouges » 1er Novembre 1984

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« PAUL ET MOUNET-SULLY » par Jean Dalba – Les Cahiers de Bergerac, 1er janvier 1992Paul et Mounet-Sully - Jean Dalba 1992

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« MOUNET-SULLY, OU : UN THEATRE EST MORT, VIVE LE THEATRE !  » par Bernard Clergeot et Jean-Claude Lasserre – Le Festin n° 14 Eté 1994

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« MOUNET-SULLY ET LA PARTITION INTERIEURE » par Anne Penesco – Presses universitaires de Lyon, coll. « Cahiers du Centre de recherches musicologiques », Lyon 2000

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« ERNEST HEBERT – ENTRE ROMANTISME ET SYMBOLISME » par Laurence Huault-Nesme, Isabelle Julia, Henry Nesme – Département de l’Isère, coll. « Beaux livres musée Hébert », Grenoble 2003

(disponible sur le site : www.musee-hebert.fr)

Ernest HEBERT - Entre Romantisme et Symbolisme - 2003

− = ≡ • ≡ = −

« MOUNET-SULLY : L’HOMME AU CENT COEURS D’HOMMES » par Anne Penesco – Editions du Cerf, coll. « Histoire », Paris 2005

     

« PAUL MOUNET : LE TRAGEDIEN QUI PARLAIT AUX ETOILES » par Anne Penesco – Editions du Cerf, coll. « Biographie », Paris 2009

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« L’ART DU COSTUME A LA COMEDIE-FRANÇAISE » par le Centre National du Costume de Scène et la Comédie-Française – Editions Bleu Autour, 2011

(disponible à la Boutique de la Comédie-Française)

Pour en savoir plus ou commander l’ouvrage, cliquez ici ou sur la photo ci-dessous

CNCS & CF - L'art du costume à la Comédie-Française - 2011

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« LA COMEDIE-FRANÇAISE S’EXPOSE AU PETIT PALAIS » par le Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris et la Comédie-Française (Collectif) – Editions Paris-Musées, 2011

(disponible à la Boutique de la Comédie-Française)

Pour en savoir plus ou commander l’ouvrage, cliquez ici ou sur la photo ci-dessous

PETIT PALAIS & CF - La Comedie-Francaise s'expose au Petit Palais - Paris-Musées 2011

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« LA GRANDE HISTOIRE DE LA COMEDIE-FRANÇAISE » par Hélène Tierchant et Gérard Watelet (en collaboration avec la Comédie-Française) – Editions Télémaque, 2011

INCLUS : livret + DVD Un siècle d’actualités Pathé avec la Comédie Française

(disponible à la Boutique de la Comédie-Française)

Pour en savoir plus ou commander l’ouvrage, cliquez ici ou sur la photo ci-dessous

"La grande Histoire de la Comédie-Française" par H.Tierchant et G.Watelet - Télémaque 2011

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« CAPPIELLO Catalogue raisonné des caricatures 1898 – 1905 » par Marie-Laure Soulié-Cappiello – Editions Sillages, 2011

"CAPPIELLO Catalogue raisonné des caricatures 1898-1905" par Marie-Laure Soulié-Cappiello - Sillages, 2011

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« DIVINE – Vie(s) de Sarah Bernhardt » par Marie Avril et Eddy Simon – Futuropolis, 2020

 

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« DE LA SCENE A LA PELLICULE – Musique, Théâtre et cinéma autour de 1900 » Sous la direction de Rémy Campos, Alain Carou, Aurélien Poidevin – L’oeil d’or, 2021

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Le Baiser de Judas – Film Pathé – 1908

10 dimanche Juil 2011

Posted by mounetsully in Filmographies

≈ Commentaires fermés sur Le Baiser de Judas – Film Pathé – 1908

Étiquettes

Albert Lambert, Apôtres, Cinématographe, Drame cinématographique, Film d'Art, Fontainebleau, Henri Lavedan, Jésus, l'Assassinat du duc de Guise, Le Baiser de Judas, Mounet-Sully, Nouveau Testament, Pathé, Théâtre de Neuilly

Poursuivant ses efforts pour embellir les spectacles cinématographiques, la Société du « Film d’Art » vient d’ajouter à son répertoire une nouvelle bande qu’elle présente, cette semaine, sur l’écran de la salle Charras : Le Baiser de judas, dont le scénario, inspiré de l’un des épisodes les plus émouvants du Nouveau Testament, est dû à M. Lavedan.

De même que nous avions eu la bonne fortune de publier ici l’Assassinat du duc de Guise, nous sommes heureux de pouvoir donner à nos lecteurs la primeur du Baiser de Judas.

LE BAISER DE JUDAS - Mounet-Sully - Le Film d'Art 1908

LE BAISER DE JUDAS

« Drame Cinématographique »

par M. HENRI LAVEDAN de l’Académie française

LA CÈNE

I

Une pièce à la chaux percée dans le fond de trois ouvertures en forme de baies, à l’air libre, par où l’on aperçoit le paysage de Judée. Un tapis est tendu à l’aide d’une corde devant l’une des ouvertures pour garantir de l’ardeur du soleil. Au milieu de la pièce, une longue table recouverte d’une nappe. Des escabeaux de bois. Sur la table, quelques plats et carafes de terre, des coupes également en terre. Plusieurs petits pains plats et ronds. Sur le sol, une amphore et un grand vase de métal. Portes à droite et à gauche.

Jésus entre suivi des apôtres, Jean le premier derrière lui. Judas est parmi les derniers. Jésus parle et tous l’écoutent. Puis il s’avance au premier plan, s’assoit, et Jean alors s’agenouille, commence à lui laver les pieds. Judas, qui voit cela, en sourit avec amertume. Mais Jésus a surpris son regard et sa pensée. Il se lève donc après que Jean ait fini et, tenant lui-même à deux mains le bassin de terre plein d’eau, il vient le poser devant Judas stupéfait et lui fait signe qu’il avance son pied, qu’il va le laver, lui, Jésus, comme il va le faire à tous. Ils sont pénétrés d’émotion. Est-ce possible, Maître ? Cependant Jésus lave les pieds de Judas, qui s’y prête avec mauvaise grâce.

LE BAISER DE JUDAS - Fim PATHE - Le Film d'Art - 1908 (a)

« Le Baiser de Judas » : Jésus lave les pieds de Judas – Judas (M. Mounet-Sully), Jésus (M. Albert Lambert) – Le Film d’Art – PATHE 1908

Au cours de cette besogne, Judas, qui tenait sa bourse, la laisse tomber par inadvertance. Jésus la ramasse et la lui rend. Judas fait voir qu’elle est vide, qu’il n’y a rien dedans, qu’il est bien pauvre ! et rattache sa bourse à sa ceinture. Ensuite Jésus continue de laver les pieds des autres disciples.

II 

Jésus est assis à la table, au milieu des disciples. Jean près de lui. Pierre de l’autre côté. Judas tout au bout à gauche. Jésus prend alors le pain posé sur la table, l’élève un peu, et le montrant à tous, il dit : « Ceci est mon corps ». Etonnement demi-muet de tous : « Ce pain ?…votre corps ? » Il certifie. « En vérité, oui, c’est bien son corps ! puisqu’il le dit ».

LE BAISER DE JUDAS - Film PATHE - Le Film d'Art - 1908 (b)

« Le Baiser de Judas » : Ceci est mon corps… – Judas (M. Mounet-Sully), Jésus (M. Albert Lambert) – Le Film d’Art – PATHE 1908

Jésus verse un peu de vin de la carafe de terre dans la coupe, et l’élevant, dit : « Ceci est mon sang ». Même jeu des apôtres. « Son sang ? » Mains jointes. Et Jésus de nouveau certifie. Il boit et leur passe la coupe où, tour à tour, ils boivent.

LE BAISER DE JUDAS - Fim PATHE - Le Film d'Art - 1908 (c)

« Le Baiser de Judas » : Ceci est mon sang… – Judas (M. Mounet-Sully), Jésus (M. Albert Lambert) – Le Film d’Art – PATHE 1908

Judas est sombre et songeur. Quand ils ont bu, Jésus se lève et dit en les regardant tous les uns après les autres : « Et, cependant, un de vous me trahira ». Protestation générale. Un de vous, répète Jésus. Alors chacun demande : « Est-ce moi ? » Non. « Est-ce moi ? » Non. Et ainsi de suite. On arrive à Judas qui demande en dernier : « Est-ce moi ? » Oui, fait Jésus.

LE BAISER DE JUDAS - Film PATHE - Le Film d'Art - 1908

« Le Baiser de Judas » – Judas (M. Mounet-Sully) : « Est-ce moi ? » – Jésus (M. Albert Lambert) : « Oui. » – Le Film d’Art – PATHE 1908

Tous se lèvent. Les uns s’écartent avec horreur de Judas. Les autres veulent se précipiter. D’un geste, Jésus ordonne le calme, et Judas, qui s’est levé aussi, s’enfuit. Et aussitôt, Jésus est entouré par les apôtres, qui tombent à genoux.

LE JARDIN DES OLIVIERS

La nuit tombe. Paysage de Judée, oliviers, arbustes courts, rocs, pierres en quantité, sol mouvementé. A gauche, premier plan, un grand arbre dont avancent horizontalement plusieurs maîtresses branches.

Judas arrive, le premier, seul. Il guette. Presque aussitôt, de l’extrémité opposée, arrivent les princes des prêtres et une troupe d’hommes armés de bâtons, quelques soldats avec des lances (une douzaine). Ceux-ci, sur un signe des princes des prêtres, restent en arrière. Les princes des prêtres abordent Judas.

– Eh bien ?

– (Judas) Il va venir tout à l’heure.

– Ici ?

– (Judas) Ici, et je vous le livrerai, vous pourrez vous en emparer.

– Comment le reconnaitrons-nous ?

– (Judas) Je l’embrasserai sur la joue droite.

– Bien.

– (Judas) Maintenant payez-moi la somme promise, les trente deniers.

Il tend la main. On les lui compte dans la paume, un par un. Il recompte, discute un des deniers : « Est-il bon ? » le fait sonner sur une pierre, enfin les met tous dans sa bourse qu’il rattache à sa ceinture. La nuit est tombée d’avantage. Soudain Judas dit :

– (Judas) Je crois qu’il vient !

Aux autres :

– (Judas) Cachez-vous !

Tous, princes des prêtres et ceux qui les accompagnaient, se cachent dans les buissons, derrière les rochers.

Judas reste seul, attendant.

Jésus bientôt arrive, précédé de deux de ses disciples en avant-garde. Il est au milieu des autres disciples, il leur parle, tous l’écoutent, pressés près de lui. On marche à pas très lents. Deux tiennent des torches. Dès qu’ils aperçoivent une ombre, les deux hommes d’avant-garde et le groupe de Jésus s’arrêtent. « Qui est là ? » Méfiance. On entoure Jésus. Quelques uns se précipitent. Judas dit :

– Ami ! c’est moi, Judas !

On se rassure, bien qu’avec des visages peu confiants. Jésus s’avance vers lui  et s’arrête :

– (Jésus) Que me veux-tu ?

Judas s’incline :

– Maître, je te salue. Et après avoir baisé la main de Jésus, il le baise sur la joue droite.

LE BAISER DE JUDAS - Film PATHE - Le Film d'Art - 1908 (e)

« Le Baiser de Judas » : …Après avoir baisé la main de Jésus, Judas le baise sur la joue droite. – Judas (M. Mounet-Sully), Jésus (M. Albert Lambert) – Le Film d’Art – PATHE 1908

Immobilité et regard de Jésus. A peine Judas s’est-il écarté après le baiser que les princes des prêtres et leur petite troupe surgissent, s’élancent pour s’emparer de Jésus. Il y a une bagarre. Les disciples font résistance. Judas est à l’écart, tremblant, prêt à fuir.

Pierre tire l’épée d’un soldat et frappe un des assaillants qui portait la main sur Jésus. Il le blesse à l’oreille. Le sang coule. Jésus prend cet homme par le cou, le serre sur son cœur et le protège contre la fureur des disciples. Il commande à Pierre de remettre son épée au fourreau ! Celui qui a frappé par l’épée périra par l’épée. Pierre s’y résout avec peine. Puis Jésus, commandant du geste qu’on lui obéisse, s’avance de lui-même vers le groupe des assaillants et se livre à eux. « Me voici ». Un des hommes qui a une corde à nœud coulant à la main s’apprête alors à lier les mains de Jésus. Un des disciples s’indigne, arrache la corde à l’homme et la lance en l’air, au loin ; elle va retomber et s’accrocher à une des maîtresses branches horizontales du gros arbre du premier plan. Elle y reste pendante avec son nœud coulant ouvert. « Inutile de me lier, dit Jésus, je vous suis ». On l’entoure et on l’emmène. Les disciples hésitants, effrayés, l’abandonnent un par un et s’enfuient. Judas, resté seul, suit… de loin, en riant, faisant sauter dans sa main la bourse pleine.

LES REMORDS DE JUDAS 

Le même décor du jardin des oliviers. La nuit. Vent, arbres secoués, nuages passant sur la lune qu’ils couvrent et découvrent tour à tour.

Judas, sombre, abîmé de tristesse et de remords, arrive par le chemin rocheux. Il veut revoir le lieu même où il a accompli sa trahison. Son crime lui fait horreur. Il retire de sa ceinture sa bourse toujours pleine, compte les deniers qui le brûlent, les jette avec la bourse. Il regarde le lieu où s’est déroulée la scène du baiser, la revit. « C’est par ici qu’il est venu, là que je l’ai embrassé, que les soldats l’ont saisi ». Il tombe accablé… Il prie, il pleure. Il croit qu’on l’appelle, que Jésus va apparaître. Alors il s’enfuit, court longtemps et arrive, épuisé, à quelques kilomètres de là.

On voit se dérouler derrière lui, à mesure, un paysage rocheux, dénudé, sinistre.

Judas se couche sur le sol, il pense avoir trouvé le calme et tout à coup… il voit une forme qui se dessine… une forme assise… C’est Jésus qui lui apparaît dans sa prison, les mains liées. Au-dessus est une étroite fenêtre grillée et derrière les barreaux, grimace à l’extérieur une tête moqueuse qui ricane, et cette tête, c’est la sienne à lui, Judas ! Puis la vision s’évanouit. Judas se lève, reprend sa course, fuit ce lieu maudit, toujours à travers un paysage tragique sans cesse renouvelé sur ses pas, et retourne, invinciblement attiré par le remords, vers l’endroit de la trahison. Comme il s’arrête pour s’y reposer, tout haletant… nouvelle apparition de Jésus, debout et sans ses liens, cette fois, et lui pardonnant.

LE BAISER DE JUDAS - Film PATHE - Le Film d'Art - 1908 (f)

« Le Baiser de Judas » : Jésus, debout et sans ses liens… – Judas (M. Mounet-Sully), Jésus (M. Albert Lambert) – Le Film d’Art – PATHE 1908

La vision cesse. Mais quel est cet homme qui vient d’arriver à quelques pas, sans qu’on l’entende ? et que fait-il là, se baissant, se relevant ? Ah ! c’est un pauvre homme qui ramasse les deniers jetés par Judas. Celui-ci le regarde hébété. Quand l’homme a trouvé tous les deniers et les a remis dans la bourse qui était aussi à terre, il s’avance vers Judas, et la lui tend comme pour la lui rendre,

LE BAISER DE JUDAS - Film PATHE - Le Film d'Art - 1908 (g)

« Le Baiser de Judas » : Le pauvre homme s’avance vers Judas et lui tend sa bourse. – Judas (M. Mounet-Sully), Jésus (M. Albert Lambert) – Le Film d’Art – PATHE 1908

et, au moment où il fait ce geste, il se transforme, et c’est Jésus !…

LE BAISER DE JUDAS - Film PATHE - Le Film d'Art - 1908 (h)

« Le Baiser de Judas » : Et c’est Jésus !… – Judas (M. Mounet-Sully), Jésus (M. Albert Lambert) – Le Film d’Art – PATHE 1908

Judas crie de terreur, pendant que la vision s’évanouit à nouveau. Alors il se tord les bras, demande grâce, veut se crever les yeux. Apercevant un buisson de ronces, il en arrache plusieurs longues lianes épineuses qu’il enroule avec rage et dans une sorte de folie autour de son front, serrant de toutes ses forces, de telle sorte que le sang coule et qu’il a l’air couronné d’épines. Il est à bout, il tombe et reste sans mouvement. A la minute passe alors un vieillard qui mène un âne. Il aperçoit Judas étendu à terre, tout sanglant. Il s’arrête, lui parle, le secoue, le relève, retire les liens d’épines de son front, essuie et lave son visage meurtri. Judas rouvre les yeux :

– Ah ! merci, voyageur compatissant.

Ce dernier le réconforte et se penche soudain vers lui comme pour l’embrasser. Quand il n’est plus qu’à quelques centimètres de sa joue : c’est Jésus ! toujours Jésus !… qui disparaît aussitôt. Cette fois, Judas ne veut plus voir, plus respirer, plus vivre, il court hagard et voilà qu’il aperçoit l’arbre, à la grosse branche duquel pend la corde et son nœud coulant, la corde avec laquelle on voulait lier les mains de Jésus ! Voilà son affaire, mais il ne peut atteindre la corde même en levant la main et en se haussant sur la pointe des pieds.

LE BAISER DE JUDAS - Film PATHE - Le Film d'Art - 1908 (i)

« Le Baiser de Judas » : Il atteint, de son visage, la hauteur de la corde… – Judas (M. Mounet-Sully) – Le Film d’Art – PATHE 1908

Par le tronc, il essaye de grimper sans pouvoir y arriver… il retombe, une fois, deux fois, trois fois. Enfin il prend des pierres, à côté, de lourdes pierres qu’il transporte une à une, et de plus en plus petites et vacillantes, qu’il entasse les unes sur les autres, monte sur ce branlant édifice, avec combien de peine ! et atteint, de son visage, la hauteur de la corde. Il s’y suspend d’abord de ses deux mains, pour éprouver sa résistance et sa solidité. La corde tient. Il reprend contact des pieds avec les pierres, et commence à passer sa tête, doucement d’abord, le bord du visage seulement, dans le nœud coulant large ouvert, il le retire avec épouvante dès qu’il sent le contact de la corde à son cou, le remet de nouveau. Peur, affres de la mort. Enfin, dans un grand élan de résolution, il fonce dans le nœud coulant, chasse avec ses pieds l’édifice des pierres qui croulent, et il reste pendu, tandis qu’un grand corbeau, qui vient de s’abattre sur lui, commence à lui manger le crâne.

LE BAISER DE JUDAS - Film PATHE - Le Film d'Art - 1908 (j)

« Le Baiser de Judas » : …Un grand corbeau commence à lui manger le crâne. – Judas (M. Mounet-Sully) – Le Film d’Art – PATHE 1908

La première partie de ce « drame cinématographique » a été mise en scène sur le théâtre de Neuilly, où nous avons conduit naguère nos lecteurs ; toute la fin a emprunté, à défaut d’un paysage de Judée, l’admirable cadre de la forêt de Fontainebleau où abondent les sites pittoresques. C’est dans un décor naturel de rocs abrupts que Judas consomme son forfait et qu’il fuit ensuite, traqué par le remords ; c’est à un arbre véritable, et dont le vent agite la ramure, que se pend le disciple traître, et la grandiose sauvagerie de ce paysage, qu’on voit se dérouler et changer pendant la course affolée du coupable, ajoute par sa beauté  sévère au dramatique de l’action, et au jeu émouvant des deux admirables protagonistes, MM. Mounet-Sully et Albert Lambert ; enfin, l’impression est profonde quand, après la pendaison, on voit un corbeau vivant picorer le crâne du cadavre et essuyer aux cheveux son bec aigu. C’est en recourant ainsi à de vivants décors, que le cinématographe peut ajouter à l’effet théâtral et procurer des sensations d’art vraiment inconnues avant lui.

« Le Baiser de Judas » L’ILLUSTRATION n° 3435 – 26 décembre 1908

Lire aussi : (« A propos du « Retour d’Ulysse » par le Film d’Art ») et (« Le théâtre cinématographique à Neuilly »)

 
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Les premiers enregistrements sonores

10 dimanche Juil 2011

Posted by mounetsully in Le son

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La voix d'or, Mounet-Sully, Oedipe roi, Phèdre, Phonographe, Pierre Hiegel, Sarah Bernhardt

PREANBULE :

AVIS IMPORTANT ! Pour apprécier pleinement les enregistrements datant des premières années du phonographe, Pierre Hiégel, qui fût journaliste mais surtout animateur de radio et grand critique musical, eut l’heureuse idée de proposer aux abonnés du SELECTION du Reader’s Digest une compilation d’enregistrements anciens que réalisèrent, en leur temps, les grandes voix du théâtre français. En fin connaisseur, Pierre Hiégel, pris préalablement la peine d’alerter l’amateur pour le préparer à l’écoute.

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Les premiers enregistrements sonores

« C’est (ndlr 2011 : Les enregistrements sonores repiqués et compilés sur le microssillon 33t « Les géants du théâtre français ») un trésor phonographique à faire palir d’envie tous les collectionneurs de cires précieuses. Mais, pour en apprécier la beauté singulière, il faut l’écouter avec certaines précautions.

Ces témoignages sonores furent enregistrés de 1898 à 1932 par les « monstres sacrés » de la scène française, avec des procédés divers, qui vont des antiques cylindres de cire de l’âge d’or du phonographe aux premiers micros à ruban des studios antédiluviens.

La légende prétend que lorsque Madame Sarah Bernhardt entendit la première épreuve de son phonogramme de Phèdre elle s’évanouit d’horreur. Cela se passait en 1903. Sarah avait 59 ans. Elle était au sommet de sa carrière. L’Amérique disait que depuis Jeanne d’Arc et Napoléon, la France n’avait jamais possédé un tel « genius ».

Vous avez peut-être déjà entendu parler de « la voix d’or » de Sarah. C’est une légende, un merveilleux mythe. Le timbre est assez dental, le vibrato trop lâche (et ne croyez pas que les balbutiements de la machine parlante y sont pour quelque chose). Des écoutes répétées et ferventes vous feront découvrir le « génie » de Sarah Bernhardt. Il est fait d’une sorte de frémissement et d’ardeur contrôlée, d’un sens prodigieux de l’art de dire les vers… et de ce que rien ne pourra jamais expliquer : « la présence ».

Mounet-Sully fut le véritable « géant tragique » de la fin de l’autre siècle. Il était né… en 1841. Il avait donc lui aussi 59 ans en 1900, lorsqu’il confia au pavillon de métal la première scène d’Oedipe roi. La voix roule comme un torrent, sa puissance est celle du tonnerre, mais… le style est très loin de ce que nous apprécions aujourd’hui. On pense, en entendant jaillir du grincement de la cire inerte cet organe inhumain, aux images gesticulantes du premier cinématographe.

En recopiant et filtrant le miroir de cette voix, j’ai par mégarde laissé choir le cylindre. Il était (ndlr 2011 : peut-être) unique en France… peut-être en Europe. Qu’importe, puisque vous pouvez aujourd’hui (ndlr 2011 : encore) en entendre le reflet !

…

Madame Bartet, surnommée « la Divine » bien avant Garbo, entrait dans sa quatre-vingtième année lorsqu’elle rencontra le microphone pour la première fois. Elle était retirée du théâtre, laissant derrière elle un sillage d’amour et de respect.

Pour dire cette scène d’Andromaque de Racine, elle avait demandé à Jeanne Sully (la fille de Mounet) de lui donner la réplique.

C’est en écoutant Julia Bartet que l’on comprend que l’on ne saura peut-être plus jamais « être » vocalement un personnage tragique. La voix est encore belle, jeune, admirablement conduite. C’est un art raffiné et profond, où rien n’est laissé aux caprices de l’inspiration du moment. C’est parfait. »

Pierre HIEGEL

 

 

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